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Et maintenant, sans transition...

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Doit-on s'inquiéter de la passation de pouvoir entre les Fongecif et les "Transtion Pro" (les CPIR morts avant d'avoir vu le jour) ?

Nul besoin d'être doté d'une grande mémoire pour se rappeler que la fin du CIF, gérée d'une main de maître, avait conduit de nombreux organismes de formation au bord ou au-delà du gouffre.

Aussi, quand on connait un peu les délais et procédures, on peut raisonnablement penser que les Fongecif n'accepteront plus de dossiers CPF TP à compter du 31 octobre 2019 (commissions paritaires en lien avec les 60 jours minimum de dépôt de dossier avant le début de l'action).

En parallèle, rappelons que les "Transition Pro" de région débuteront officiellement au 1er janvier 2020.

Encore une fois, pirouette, cacahuète, un petit trimestre de relais risque de passer à la trappe, ni vu ni connu. Nouvelle petite fièvre hivernale en perspective ?

A moins que l'application CPF ne fasse son apparition début octobre, fonctionne, référence équitablement l'offre, et gère les dossiers de transitions ! Voilà voilà...

Une histoire de pansement de rentrée

Par Marc TATILLON, notre Coach...

pansement

Quand les faits ne parviennent plus à convaincre, il reste l’émotion ! Cette affirmation pourrait définir ce qu’est le « storytelling » popularisé en 2007 par Christian Salmon dans son livre : "La machine à fabriquer des histoires et à formater les esprits".

Utile en cette époque de rentrée, très utilisée en management des entreprises, en vente, en marketing et en communication, cette technique est aussi très prisée des dirigeants politiques. Basée sur une narration construite sur le mode de nos contes pour enfants, elle nous relate une histoire. Nous aimons croire aux légendes et le plaisir que nous allons éprouver en écoutant un récit bien rédigé va générer trois bénéfices immédiats :

Capter notre attention,
Nous mettre d’accord sur un thème consensuel (par exemple, personne n’aime les méchants),
Nous mobiliser sur … un autre sujet.
Ces techniques ont l’avantage de détourner le consommateur, le salarié et le citoyen de problèmes plus difficiles à traiter, pour le focaliser sur le plan de son émotion.

Bien entendu, tout ceci est modélisé selon des schémas précis, mais pour en comprendre le principe, prenons un exemple simple : Nous avons tous un jour, raconté une histoire à un enfant qui venait de se faire mal. Nous l’avons constaté, les pleurs se sont rapidement arrêtés, l’intérêt de l’enfant pour notre histoire lui faisant oublier son genou écorché …

Pour nous, adultes, contribuables, électeurs, salariés, consommateurs … c’est pareil. La pub ne nous parle plus des produits qu’elle cherche à vendre, mais raconte une histoire. La répétition médiatique se focalise sur un ensemble d’évènements d’intérêt parfois limité dont on ne parlera plus demain, mais qui en s'enchainant, nous détourne opportunément des sujets embarrassants. Ainsi presque chaque jour, un nouveau récit chargé d’émotion est poussé à l’avant de l’actualité, où il sature notre information et nous mobilise sur des questions qui ne nous concernent pas toujours. Et tant pis si journalistes, politiques et managers, finissent par nous faire douter de leur sincérité …

Nous restons de grands enfants et notre goût pour les histoires (qu’elles soient drôles … ou pas), soigne aussi nos genoux, parfois un peu écorchés par la rentrée.

 

Le désespoir de l’Alternant

Par Marc TATILLON, notre Coach...

formation entretien recrutement

L’équation paraît pourtant simple : une entreprise embauche un jeune (ou un moins jeune), pour lui permettre de se former tout en étant rémunéré... c’est beau, sauf que ...

Les avantages pour l’entreprise sont bien minces : soit elle verse à son alternant un salaire minoré en dessous du SMIC si le jeune a moins de 26 ans, soit elle touche une prime Pôle Emploi de 2.000 à 4.000 € si le vieux (ou la vieille) a dépassé l’âge canonique de 26 ou 45 ans. Mais point d’allégement de charge sociales en vue, point de cadeau, sauf des broutilles fiscales et une prime au tutorat distribuée au compte-gouttes. Il n’y a pas de quoi sabrer le champagne chez le chef d’entreprise attentif.

Pire ... des Organismes de Formation et des CFA (Centre de Formation d’Apprentis), violemment malmenés par la « Loi pour la liberté de choisir son avenir professionnel » choisissent obstinément de ne pas crever et tentent de survivre en attirant des alternants dans leurs salles de formations. Accessoirement ils le font avec de rutilants programmes pédagogiques mais le plus souvent, ils mettent en avant des promesses d’embauches. Mais de l’embauche il n’y en a souvent point, car nous l’avons dit : l’entreprise est avaricieuse en recrutements d’alternants.

Résumons la situation avec trois cris lancinants maintes fois entendus sur les salons de l’emploi et souvent relayés par les parents désespérés :

« Quand j’ai signé, l’Organisme de Formation m’a juré avoir des postes à pourvoir en entreprises, et puis ... rien. Des mensonges ! Ça fait des mois que je cherche et pendant ce temps, je ne suis pas payé ».

« Le CFA m’avait rassuré : nous avons des listes de demandes d’entreprises. Oui, mais sur leur liste, il y a 5 postes à pourvoir pour 400 élèves ».

« J’ai été "admise" à l’université ... je suis très contente mais maintenant, il faut que je trouve une entreprise ». Pov petite, c’est beau la fraîcheur !

Notons aussi cet employeur, consommateur d’alternants par vague de CDD de 12 mois qui ne déboucheront jamais sur aucun CDI. Personne n'est dupe. On fera alors bosser le plus possible dans l’entreprise le sus-recruté alternant, qui alternera de moins en moins. Tant pis pour la formation, on s’arrangera. A la guerre, on appelait ça de la chair à canon.

Alors, courage petit bonhomme alternant ! Tu n’as que 16 ans mais te voilà parti tout seul, droit dans tes Nike, pour rencontrer de grands patrons et te trouver ton job ...

Et les grands qui font ça n’ont pas honte ?